Situé sur les contreforts du Massif central, dans le département de la Loire, le vignoble du Côtes-du-Forez (AOC depuis 2000) a longtemps été résumé à un seul cépage : le Gamay sur sols volcaniques.
Pourtant, depuis quelques années, un vent de fraîcheur souffle sur ces terres basaltiques. Cette renaissance porte un nom : la Mondeuse.
Ce cépage, que l’on croyait réservé à la Savoie, retrouve ses lettres de noblesse dans le Forez, offrant aux vignerons un nouvel outil pour exprimer la complexité de leur terroir.
I. Un terroir volcanique prédestiné
Le Côtes-du-Forez s’étend sur une faille géologique majeure. Les vignes sont plantées sur des sols de basalte et de tufs volcaniques, apportant une minéralité fumée très particulière.
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Le climat : Protégé par les monts du Forez, le vignoble bénéficie de l’effet de foehn, garantissant une belle maturité des raisins.
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L’histoire : Avant la crise du phylloxéra, la diversité des cépages était la norme. La Mondeuse (parfois appelée localement « Grand Noir ») faisait partie du paysage avant d’être évincée par la monoculture du Gamay.
II. Pourquoi la Mondeuse change-t-elle la donne ?
Le retour de la Mondeuse dans le Forez n’est pas une simple mode, c’est une réponse agronomique et œnologique aux enjeux actuels.
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L’adaptation au changement climatique : La Mondeuse est un cépage tardif. Contrairement au Gamay qui peut souffrir des canicules précoces, la Mondeuse conserve une acidité naturelle remarquable et un degré alcoolique modéré, garantissant des vins digestes et frais.
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La signature aromatique : Elle apporte une structure que le Gamay n’a pas toujours. On y retrouve des notes intenses de poivre noir, de violette et de petits fruits rouges acidulés. Sur le granit et le basalte du Forez, elle développe une tension minérale fascinante.
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Le potentiel de garde : Riche en tanins fins et en anthocyanes (la couleur), la Mondeuse permet de produire des vins de garde plus structurés, élargissant la gamme des vignerons foréziens au-delà des vins « de soif ».
III. Les acteurs de ce renouveau
Ce sont des vignerons audacieux qui ont relancé la machine. En replantant des sélections massales de Mondeuse, ils ont prouvé que le Forez pouvait produire des vins rouges de « haute couture ».
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Le travail du sol : La renaissance passe par un retour au travail mécanique et souvent à l’agriculture biologique ou biodynamique.
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La vinification : On observe un retour à la vendange entière (avec la rafle) pour la Mondeuse, afin de souligner son côté épicé et vertical, ou des élevages en jarres de terre cuite pour préserver la pureté du fruit.
IV. Portrait du vin : À quoi s’attendre dans le verre ?
Une Mondeuse du Forez ne ressemble à aucune autre.
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Robe : Profonde, presque violacée, avec des reflets brillants.
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Nez : Un bouquet complexe où se mêlent le poivre de Sichuan, la cerise noire, et cette pointe de pierre à fusil typique des sols volcaniques.
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Bouche : Une attaque franche, une structure tannique présente mais élégante, et surtout une finale longue, saline et vibrante.
V. Accords gastronomiques : Le Forez dans l’assiette
Ce vin de caractère demande des plats qui ont du répondant.
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Charcuteries de pays : Une rosette de Lyon ou un jambon sec du Forez.
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Viandes rouges : Une entrecôte de bœuf de race Aubrac grillée aux sarments de vigne (clin d’œil à votre article précédent !).
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Fromages : L’accord parfait reste la Fourme de Montbrison, autre trésor local. Le gras du fromage vient enrober les tanins de la Mondeuse pour un équilibre magistral.
Le conseil d’Aventure Culinaire
Si vous achetez une bouteille de Mondeuse du Forez, n’hésitez pas à la carafer une heure avant le service.
Ce cépage un peu sauvage a besoin d’oxygène pour libérer tout son potentiel aromatique et assouplir sa structure.



