Le chou kale, souvent perçu comme une nouveauté importée des États-Unis au début du XXIᵉ siècle, possède en réalité une histoire profondément enracinée en France.

Bien avant son retour médiatique, il existait sous le nom de “chou d’Auben” en Normandie, une variété rustique cultivée dans les potagers et les campagnes du nord-ouest du pays.

Origines du chou kale en Europe et en France

Le chou kale appartient à la grande famille des Brassica oleracea, dont toutes les variétés dérivent du chou sauvage poussant sur les falaises du littoral atlantique nord, notamment en Haute-Normandie.

Ce berceau génétique a permis l’émergence de nombreuses formes de choux, dont le chou frisé non pommé, ancêtre direct du kale moderne.

En Normandie, une variété locale appelée “chou d’Auben” était cultivée depuis des siècles.

Ce chou frisé, robuste et résistant au froid, servait à la fois de légume d’hiver et de plante fourragère. Sa rusticité en faisait un aliment de base dans les campagnes, bien avant que le marketing américain ne le transforme en “superfood”.

Le chou d’Auben : un patrimoine normand oublié

  • Caractéristiques : feuilles frisées, non pommées, récoltées au fur et à mesure.

  • Utilisation traditionnelle : consommé en soupe, bouilli ou braisé, souvent associé aux pommes de terre et au lard.

  • Culture : apprécié pour sa résistance aux gelées ; le froid adoucissait ses saveurs, ce qui en faisait un légume d’hiver idéal.

  • Transmission : présent dans les potagers familiaux, il a progressivement disparu des marchés au profit de variétés plus productives ou esthétiques.

Une fausse nouveauté américaine

Au début des années 2000, le kale est revenu sur le devant de la scène grâce à la mode des smoothies verts et des régimes santé aux États-Unis. Pourtant, il ne s’agissait pas d’un légume nouveau : en France, le chou frisé non pommé n’avait jamais totalement disparu des jardins domestiques.

La médiatisation américaine a simplement redonné de la visibilité à une plante déjà connue en Europe depuis l’Antiquité et largement cultivée au Moyen Âge. Le “chou d’Auben” normand en est un exemple concret, preuve que la France possédait ses propres variétés bien avant la vague américaine.

Valeur nutritionnelle et redécouverte

Le chou kale est riche en vitamines A, C et K, en calcium et en antioxydants. Ces qualités nutritives, mises en avant par les campagnes américaines, ont contribué à son retour sur les étals français. Mais historiquement, ces vertus étaient déjà connues des populations rurales qui l’utilisaient comme aliment fortifiant en hiver.

Aujourd’hui, le kale est intégré dans des recettes modernes (salades, chips de kale, smoothies), mais il reste fidèle à son rôle originel : un légume rustique, nourrissant et polyvalent.

Importance culturelle et patrimoniale

  • Le chou kale illustre la continuité entre traditions locales et tendances mondiales.

  • Le “chou d’Auben” normand rappelle que la France possédait déjà une culture du kale avant sa médiatisation.

  • Sa redécouverte valorise le patrimoine agricole français et met en lumière l’importance des variétés anciennes dans l’alimentation contemporaine.

Le chou kale n’est pas une invention américaine mais un légume ancien, profondément lié à l’histoire européenne et française.

Le “chou d’Auben” normand témoigne de cette tradition : cultivé pour sa rusticité et ses qualités nutritives, il a nourri des générations bien avant de devenir une star des régimes outre-Atlantique. Sa redécouverte actuelle n’est donc pas une mode, mais une renaissance d’un patrimoine oublié.

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