Le mot « épicurien » évoque souvent l’image d’un bon vivant, un amateur de bons vins et de mets raffinés, savourant les plaisirs de la vie sans modération.
C’est un terme que l’on emploie souvent pour se qualifier ou pour décrire un ami gourmand.
Mais quelle est la véritable histoire de ce mot ?
Et si son sens profond était bien plus qu’une simple quête du plaisir ?
Épicure, le philosophe mal-aimé
Pour comprendre la philosophie épicurienne, il faut remonter à son origine, dans l’Athènes antique. Son fondateur, Épicure (341-270 av. J.-C.), prônait une philosophie de vie radicalement différente de celle que l’on imagine aujourd’hui.
Pour lui, le but de la vie était d’atteindre l’ataraxie, c’est-à-dire l’absence de troubles et de souffrance, tant physique que morale. Et la clé de cette tranquillité d’esprit ? Le plaisir. Mais attention, le plaisir dont il parlait n’était pas l’excès . Au contraire.
Pour Épicure, les plus grands plaisirs étaient de vivre simplement, d’être entouré d’amis fidèles et d’éviter tout ce qui pourrait causer de la peine. Les plaisirs de la table, bien réels, étaient à ses yeux secondaires et devaient rester modérés, car l’abus ne mène qu’à la souffrance future. Il préférait le pain et l’eau à un festin, car la simplicité garantissait l’absence de troubles.
L’épicurien moderne : un amoureux du goût et du partage
Au fil des siècles, le sens du mot a évolué pour s’éloigner de sa philosophie originelle et se rapprocher de l’image que l’on connaît. Aujourd’hui, un « épicurien » est un gourmet, un esthète qui apprécie la finesse des choses. C’est une personne qui sait savourer la vie avec ses cinq sens.
Dans la gastronomie, l’épicurien moderne n’est pas celui qui mange le plus, mais celui qui s’enthousiasme pour la qualité d’un produit. C’est lui qui prend le temps de déguster une tomate du jardin, qui choisit avec soin son fromage chez l’artisan, ou qui savoure un carré de chocolat en pleine conscience. Il recherche le plaisir dans les détails et la simplicité, bien plus que dans l’abondance.
Devenir épicurien : une philosophie à la portée de tous
Adopter une philosophie épicurienne, ce n’est pas une question de moyens financiers, mais d’état d’esprit. C’est une façon de vivre qui peut se cultiver au quotidien.
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Mangez en pleine conscience : Prenez le temps de vous asseoir, de sentir les arômes, d’observer les couleurs de votre plat. En vous concentrant sur le plaisir de l’instant, vous vous sentirez rassasié plus vite et plus heureux.
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Privilégiez la qualité à la quantité : Mieux vaut un excellent morceau de pain et une tranche de jambon de qualité qu’un plateau entier d’aliments industriels sans saveur. La simplicité est la clé de la richesse des saveurs.
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Partagez ces moments : L’épicurisme est aussi un art du partage. Un repas simple et de qualité est toujours meilleur lorsqu’il est partagé avec ceux que l’on aime.
Être épicurien, ce n’est pas un défaut, c’est une sagesse.
C’est l’art de trouver le bonheur et le plaisir dans les choses simples de la vie, en les savourant avec un cœur ouvert et un palais en éveil.
Et vous alors, êtes vous épicurien ?