Le secret d’une ganache réussie ne réside pas dans la force du bras, mais dans la création d’une émulsion.
Comme pour une mayonnaise, l’objectif est de marier deux corps qui ne s’aiment pas naturellement : le gras (le beurre de cacao) et l’eau (contenue dans la crème).
1. La règle d’or des proportions
Le ratio chocolat/crème détermine la fermeté de votre ganache. Voici les bases à mémoriser (pour du chocolat noir à de cacao) :
-
Ganache de glaçage (liquide) : 1 part de chocolat pour 2 parts de crème.
-
Ganache de garniture (souple) : 1 part de chocolat pour 1 part de crème.
-
Ganache à truffes (ferme) : 2 parts de chocolat pour 1 part de crème.
Note importante : Le chocolat blanc et le chocolat au lait contenant moins de cacao sec et plus de gras, ils nécessitent environ à de crème en moins pour la même tenue.
2. La technique de l’émulsion en « trois temps »
C’est ici que tout se joue. Pour obtenir une structure moléculaire stable et brillante, suivez ce protocole :
-
Hachez finement le chocolat : Plus les morceaux sont petits, plus la fonte sera homogène et rapide, évitant de brûler le chocolat.
-
Chauffez la crème : Portez la crème liquide (minimum de matières grasses) à ébullition.
-
La fusion progressive : Versez un tiers de la crème chaude sur le chocolat. Avec une Maryse (spatule souple), décrivez de petits cercles au centre pour créer un « noyau » élastique et brillant.
-
Répétez : Ajoutez le deuxième tiers, mélangez selon la même méthode, puis terminez avec le dernier tiers.
Pourquoi en trois fois ? Cela permet de saturer progressivement les graisses avec l’humidité de la crème sans casser l’émulsion.
3. Le secret du brillant : Le beurre et le mixage
Pour une finition « miroir » et une onctuosité supérieure :
-
Le beurre : Attendez que la ganache redescende à – pour incorporer des dés de beurre froid. Le beurre va apporter du corps et un éclat incomparable.
-
Le mixage plongeant : C’est l’étape fatidique des chefs. Passez un coup de mixeur plongeant dans la ganache en veillant à ne pas incorporer d’air. Cela va affiner les particules de gras et lisser parfaitement la texture.
4. SOS ganache : Comment sauver un désastre ?
Même les meilleurs ont parfois des surprises. Voici comment réagir :
La ganache « tranche » (le gras se sépare)
Le symptôme : Elle ressemble à du lait caillé avec de l’huile en surface. La solution : Elle a eu un choc thermique. Ajoutez une cuillère à soupe de crème liquide froide (ou de lait) et mixez vigoureusement au mixeur plongeant. L’émulsion va se reformer instantanément.
La ganache est trop liquide
Le symptôme : Elle ne fige pas après 4 heures au frais. La solution : Ne rajoutez pas de chocolat fondu directement. Faites fondre un peu de chocolat à part, et incorporez-y progressivement votre ganache liquide comme pour une émulsion.
La ganache est terne
Le symptôme : Elle manque d’éclat une fois figée. La solution : Cela signifie que l’émulsion a été mal faite ou que le chocolat a eu trop chaud (au-delà de ). Pour la prochaine, veillez à ne jamais faire bouillir le chocolat lui-même.
5. La conservation : L’ennemi, c’est l’humidité
Une ganache se conserve environ 2 semaines au réfrigérateur dans un récipient hermétique.
-
Astuce : Filmez-la « au contact » (le film plastique doit toucher la surface de la ganache) pour éviter la formation d’une croûte ou l’absorption des odeurs du frigo.
Réussir sa ganache, c’est accepter de prendre son temps.
C’est un exercice de patience où la maryse remplace le fouet pour éviter les bulles d’air.
Une fois cette technique maîtrisée, les portes de la haute pâtisserie s’ouvrent à vous.



