Guide des expressions françaises de la cuisine et de la table : Significations et origines
La cuisine française ne se raconte pas seulement dans les recettes, elle vit aussi dans notre langue.
Depuis des siècles, les fruits, le pain, le vin, les sauces, les plats, les couverts et les gestes de la table ont nourri une multitude d’expressions devenues familières, parfois sans que l’on connaisse encore leur véritable origine.
Ce guide rassemble ces expressions françaises directement liées à la cuisine et à la table, en expliquant leur signification, leur univers gastronomique et, lorsque les sources le permettent, l’histoire de leur apparition.
Une manière de découvrir que derrière une simple « poire », un « grain de sel », une « bouchée » ou un « morceau de pain » se cache souvent toute une histoire de la langue et de nos habitudes alimentaires.
| Expression | Signification | Aliment / univers | Famille | Origine / explication | Statut de l’origine |
|---|---|---|---|---|---|
| Tomber dans les pommes | S’évanouir, perdre connaissance. | Pomme | Fruits | Expression attestée au XIXe siècle ; l’origine exacte de « pommes » reste discutée, plusieurs hypothèses ayant été proposées. | Origine discutée |
| Haut comme trois pommes | Être très petit. | Pomme | Fruits | La pomme sert ici de mesure imagée de petite taille ; l’expression est attestée dès le XIXe siècle. | Origine attestée |
| Couper la poire en deux | Partager équitablement un avantage ou trouver un compromis. | Poire | Fruits | L’image vient du partage matériel d’une poire entre deux personnes. | Origine transparente |
| Se fendre la poire | Rire beaucoup. | Poire | Fruits | « Poire » désigne familièrement le visage ; l’expression s’est construite sur l’image d’un visage largement ouvert par le rire. | Origine généralement admise |
| Se payer la poire de quelqu’un | Se moquer de quelqu’un. | Poire | Fruits | « Poire » est employé anciennement dans l’argot pour désigner le visage ou la tête. | Origine attestée |
| Être une bonne poire | Être trop naïf ou trop accommodant. | Poire | Fruits | Le fruit fournit une image familière d’une personne jugée facilement exploitable ou trop complaisante. | Origine populaire |
| Ramener sa fraise | Intervenir sans y être invité, donner son avis. | Fraise | Fruits | « Fraise » a été employé familièrement pour désigner le visage ou la tête ; l’expression est attestée au XIXe siècle. | Origine attestée |
| Avoir la pêche | Être en pleine forme, plein d’énergie. | Pêche | Fruits | Expression familière apparue au XXe siècle, utilisant l’image positive d’un fruit frais et plein de vitalité. | Origine généralement admise |
| Avoir la banane | Être de bonne humeur, afficher un large sourire. | Banane | Fruits | La forme courbe de la banane évoque un sourire ; l’expression s’est diffusée au XXe siècle. | Origine transparente |
| Se faire bananer | Se faire tromper, duper ou escroquer. | Banane | Fruits | Dérivé argotique de « banane », employé au XXe siècle dans le langage populaire. | Origine argotique |
| Avoir le melon | Avoir une haute opinion de soi-même. | Melon | Fruits | Le melon, volumineux et rond, a fourni une image familière de la grosse tête. | Origine populaire |
| Prendre le melon | Devenir prétentieux. | Melon | Fruits | Même image que dans « avoir le melon », appliquée à quelqu’un qui prend de l’importance à ses propres yeux. | Origine populaire |
| Presser quelqu’un comme un citron | Exploiter quelqu’un au maximum. | Citron | Fruits | Image directe du citron que l’on presse jusqu’à en extraire tout le jus. | Origine transparente |
| Être pressé comme un citron | Être exploité ou sollicité au maximum. | Citron | Fruits | Même métaphore que « presser quelqu’un comme un citron ». | Origine transparente |
| Compter pour des prunes | Ne rien rapporter, ne rien compter. | Prune | Fruits | Les prunes ont longtemps représenté quelque chose de peu précieux ou de faible valeur dans le langage populaire. | Origine ancienne |
| Prendre une prune | Recevoir une amende ou une sanction. | Prune | Fruits | Emploi argotique de « prune » pour désigner une amende. | Origine argotique |
| Ne pas avoir un radis | N’avoir absolument pas d’argent. | Radis | Légumes | Le radis, produit courant et peu coûteux, est devenu une image d’une somme dérisoire. | Origine populaire |
| Être sans un radis | Être complètement dépourvu d’argent. | Radis | Légumes | Variante de « ne pas avoir un radis », fondée sur l’image d’une monnaie réduite à un aliment sans grande valeur. | Origine populaire |
| Avoir un cœur d’artichaut | Tomber facilement amoureux. | Artichaut | Légumes | L’image repose sur les nombreuses feuilles de l’artichaut, traditionnellement comparées aux multiples « cœurs » que l’on pourrait donner. | Origine généralement admise |
| Faire chou blanc | Échouer, ne rien obtenir. | Chou | Légumes | Expression issue du jeu de quilles ; « chou blanc » serait associé à un coup sans résultat. Le rapprochement avec le légume a ensuite renforcé l’image. | Origine discutée |
| Faire ses choux gras de quelque chose | Tirer profit d’une situation, souvent en en faisant largement état. | Chou | Légumes | Les « choux gras » désignaient des choux particulièrement nourrissants ; l’expression a pris le sens figuré de tirer avantage de quelque chose. | Origine attestée |
| Se faire du chou gras | Tirer profit d’une situation. | Chou | Légumes | Variante construite sur la même image que « faire ses choux gras ». | Origine populaire |
| Se prendre le chou | Se compliquer la vie ou se quereller. | Chou | Légumes | Expression familière du XXe siècle où « chou » désigne la tête. | Origine argotique |
| Être dans les choux | Être en difficulté, échouer. | Chou | Légumes | Expression familière liée à l’idée de se retrouver dans une situation sans issue ; le chou fournit une image populaire de l’échec. | Origine populaire |
| Être aux petits oignons | Être traité avec beaucoup de soin. | Oignon | Légumes | Les petits oignons étaient considérés comme particulièrement fins et recherchés en cuisine. | Origine généralement admise |
| Marcher à la carotte | Être motivé par une récompense ou un avantage. | Carotte | Légumes | La carotte est l’emblème de la récompense promise pour faire avancer quelqu’un. | Origine transparente |
| La carotte et le bâton | Alterner récompense et menace pour obtenir un comportement. | Carotte | Légumes | Métaphore moderne opposant la récompense symbolisée par la carotte à la sanction représentée par le bâton. | Origine transparente |
| Avoir un pois chiche dans la tête | Être considéré comme peu intelligent. | Pois chiche | Légumes et légumineuses | Le très petit volume du pois chiche a servi à représenter une intelligence supposée limitée. | Origine populaire |
| Être dans le pâté | Être fatigué, confus ou peu en forme. | Pâté | Préparations culinaires | Expression familière reposant sur l’image du « pâté », masse compacte et peu mobile. | Origine populaire |
| Être une grosse légume | Être une personne importante. | Légumes | Légumes | « Grosse légume » est une expression familière et ironique pour désigner un personnage important. | Origine attestée |
| Avoir du pain sur la planche | Avoir beaucoup de travail à accomplir. | Pain | Pain et farine | Le pain placé sur la planche représente une quantité importante de travail à préparer avant de pouvoir en profiter. | Origine généralement admise |
| Mettre la main à la pâte | Participer soi-même au travail. | Pâte | Pain et farine | Image directe du travail manuel du boulanger ou du cuisinier qui met réellement les mains dans la pâte. | Origine transparente |
| Être dans le pétrin | Être dans une situation difficile. | Pétrin | Pain et farine | Le pétrin est le récipient dans lequel on travaille la pâte ; l’image transpose l’idée d’être littéralement plongé dans une situation pénible. | Origine transparente |
| Rouler quelqu’un dans la farine | Tromper quelqu’un. | Farine | Pain et farine | Image de la personne recouverte de farine et ainsi « préparée » comme un aliment ; l’expression est attestée dans le langage populaire. | Origine généralement admise |
| Ça ne mange pas de pain | Cela ne coûte presque rien ou ne présente guère d’inconvénient. | Pain | Pain et farine | Le pain étant un aliment de base, l’expression évoque une chose qui ne consomme pratiquement aucune ressource supplémentaire. | Origine transparente |
| Manger son pain blanc | Profiter d’une période favorable. | Pain | Pain et farine | Le pain blanc, autrefois plus raffiné et recherché que le pain bis ou noir, symbolise la période agréable. | Origine attestée |
| Manger son pain noir | Traverser une période difficile. | Pain | Pain et farine | Opposition traditionnelle entre le pain blanc, associé à l’aisance, et le pain noir, associé aux temps difficiles. | Origine attestée |
| Ne pas manger de ce pain-là | Refuser de participer à quelque chose que l’on désapprouve. | Pain | Pain et farine | Le pain représente ici ce que l’on accepte de partager ou de consommer ; le refuser revient à rejeter une pratique ou une proposition. | Origine transparente |
| Ôter le pain de la bouche | Priver quelqu’un de ses moyens de subsistance. | Pain | Pain et farine | Le pain étant l’aliment essentiel par excellence, le retirer de la bouche signifie priver quelqu’un de ce qui lui permet de vivre. | Origine transparente |
| Gagner son pain | Gagner sa vie par son travail. | Pain | Pain et farine | Le pain représente depuis longtemps, par métonymie, les moyens nécessaires à la subsistance. | Origine ancienne |
| Gagner son pain à la sueur de son front | Subvenir difficilement à ses besoins par son travail. | Pain | Pain et farine | Association traditionnelle du pain, symbole de subsistance, et du travail pénible. | Origine ancienne |
| Long comme un jour sans pain | Paraître interminable. | Pain | Pain et farine | Le manque de pain symbolise une journée particulièrement pénible et longue à supporter. | Origine populaire |
| C’est du pain bénit | C’est une occasion très avantageuse. | Pain | Pain et farine | Le pain bénit, distribué dans les églises, a donné lieu à une image de bienfait reçu avec facilité. | Origine ancienne |
| Rompre le pain avec quelqu’un | Partager un repas et entretenir avec quelqu’un des relations de proximité. | Pain | Pain et farine | Le partage du pain constitue depuis l’Antiquité un geste fort d’hospitalité et de communauté. | Origine ancienne |
| Manger le morceau | Avouer ce que l’on cherchait à cacher. | Morceau de nourriture | Pain et farine | « Le morceau » représente symboliquement ce que l’on finit par révéler ou lâcher. | Origine populaire |
| Casser la croûte | Prendre un repas simple ou manger rapidement. | Croûte de pain | Pain et farine | La croûte de pain a longtemps représenté la nourriture simple emportée ou consommée rapidement. | Origine ancienne |
| Casser une graine | Manger rapidement quelque chose. | Graine | Céréales et grains | « Graine » désigne familièrement une petite quantité de nourriture ; l’expression appartient au langage populaire. | Origine populaire |
| Manger un morceau | Prendre quelque chose à manger. | Nourriture | Alimentation | « Morceau » désigne familièrement une portion de nourriture. | Origine transparente |
| Mettre quelque chose sous la dent | Avoir quelque chose à manger. | Nourriture | Alimentation | La dent représente l’acte concret de manger ; l’expression signifie disposer d’un aliment à consommer. | Origine transparente |
| Avoir quelque chose sous la dent | Disposer de quoi manger. | Nourriture | Alimentation | Variante de l’expression précédente, construite sur l’image d’un aliment prêt à être consommé. | Origine transparente |
| Avoir du blé | Avoir de l’argent. | Blé | Céréales et grains | Le blé, céréale essentielle et produit marchand, a été associé à la richesse et à l’argent dans l’argot. | Origine argotique |
| Se faire du blé | Gagner de l’argent. | Blé | Céréales et grains | Le blé représente métaphoriquement l’argent gagné. | Origine argotique |
| Être fauché comme les blés | Être sans argent. | Blé | Céréales et grains | « Fauché » évoque la moisson ; la métaphore transpose les champs coupés à une personne dépourvue de ressources. | Origine populaire |
| Mettre son grain de sel | Intervenir dans une affaire sans y être nécessairement invité. | Grain de sel | Sel et condiments | Une petite quantité de sel ajoutée à un plat représente l’intervention personnelle de quelqu’un. | Origine transparente |
| Mettre de l’eau dans son vin | Modérer ses exigences ou ses positions. | Vin | Boissons | Le geste de couper le vin avec de l’eau symbolise traditionnellement une attitude plus mesurée. | Origine ancienne |
| À toutes les sauces | De toutes les manières possibles, dans de nombreux contextes. | Sauce | Sauces et condiments | Une sauce peut accompagner une grande variété de préparations ; l’expression transpose cette polyvalence. | Origine transparente |
| Mettre quelque chose à toutes les sauces | Employer une même idée ou un même élément dans tous les contextes. | Sauce | Sauces et condiments | Image culinaire d’un ingrédient que l’on accommode avec toutes sortes de sauces. | Origine transparente |
| Tourner au vinaigre | Prendre une mauvaise tournure. | Vinaigre | Sauces et condiments | Le vin qui tourne au vinaigre constitue une image ancienne de la dégradation progressive d’une situation. | Origine transparente |
| Jeter de l’huile sur le feu | Aggraver volontairement une dispute ou une situation tendue. | Huile | Matières grasses | L’huile augmente l’intensité d’un feu ; la métaphore est immédiate. | Origine transparente |
| Mettre de l’huile sur le feu | Aggraver une situation conflictuelle. | Huile | Matières grasses | Même image que « jeter de l’huile sur le feu », avec l’action d’alimenter les flammes. | Origine transparente |
| Huiler les rouages | Faciliter le fonctionnement d’un système ou d’une organisation. | Huile | Matières grasses | L’huile facilite le mouvement mécanique ; la métaphore transpose cette fonction aux relations et aux organisations. | Origine transparente |
| Tout baigne dans l’huile | Tout se passe facilement. | Huile | Matières grasses | L’image vient de l’absence de friction lorsque quelque chose baigne dans l’huile. | Origine populaire |
| Mettre du beurre dans les épinards | Améliorer ses conditions de vie ou ses revenus. | Beurre et épinards | Matières grasses | Le beurre, produit autrefois précieux, améliore symboliquement un plat simple d’épinards. | Origine généralement admise |
| Faire son beurre | Tirer profit d’une activité ou d’une situation. | Beurre | Matières grasses | Faire son beurre signifie littéralement produire un aliment de valeur ; l’expression a pris le sens de s’enrichir. | Origine généralement admise |
| Vouloir le beurre et l’argent du beurre | Vouloir cumuler deux avantages incompatibles. | Beurre | Matières grasses | L’expression repose sur le refus de choisir entre le produit vendu et l’argent obtenu grâce à sa vente. | Origine transparente |
| Compter pour du beurre | Ne pas avoir d’importance, ne pas être pris en considération. | Beurre | Matières grasses | Le beurre sert ici d’image d’une chose sans valeur ou sans conséquence. | Origine populaire |
| Ne pas avoir inventé le fil à couper le beurre | Ne pas être particulièrement intelligent. | Beurre | Matières grasses | Le fil à couper le beurre représente une invention simple et sans grande difficulté technique. | Origine transparente |
| Être tout sucre, tout miel | Être extrêmement aimable, souvent de façon intéressée. | Sucre et miel | Sucre et confiserie | L’association de deux aliments doux sert à représenter un comportement excessivement affable. | Origine transparente |
| Casser du sucre sur le dos de quelqu’un | Dire du mal de quelqu’un en son absence. | Sucre | Sucre et confiserie | Expression familière attestée au XIXe siècle ; l’image évoque une action agressive appliquée symboliquement à quelqu’un. | Origine attestée |
| Se sucrer | Tirer un bénéfice financier important, souvent au détriment d’autrui. | Sucre | Sucre et confiserie | Le sucre représente ici un profit agréable ou facile à obtenir. | Origine populaire |
| Être chocolat | Être trompé, déçu ou privé du résultat attendu. | Chocolat | Sucre et confiserie | Expression issue du langage populaire et sportif ; le lien avec le chocolat appartient à l’imaginaire argotique. | Origine argotique |
| C’est du gâteau | C’est très facile. | Gâteau | Pâtisserie | Le gâteau symbolise quelque chose d’agréable et facile à obtenir. | Origine transparente |
| Ce n’est pas de la tarte | C’est difficile. | Tarte | Pâtisserie | Par opposition à une préparation supposée familière et accessible, la tarte sert à représenter une tâche qui n’est pas facile. | Origine populaire |
| Avoir sa part du gâteau | Obtenir sa part d’un avantage collectif. | Gâteau | Pâtisserie | Le partage d’un gâteau fournit une métaphore directe de la répartition d’un bénéfice. | Origine transparente |
| Partager le gâteau | Répartir un avantage ou une richesse entre plusieurs personnes. | Gâteau | Pâtisserie | Image du gâteau partagé entre convives. | Origine transparente |
| La cerise sur le gâteau | Le dernier élément qui améliore encore une situation déjà favorable. | Gâteau | Pâtisserie | La cerise ajoutée au sommet d’un gâteau représente l’ultime touche agréable. | Origine transparente |
| Retomber comme un soufflé | Perdre rapidement son importance ou son effet. | Soufflé | Pâtisserie | Un soufflé sorti du four retombe rapidement s’il perd sa chaleur et sa structure. | Origine transparente |
| Monter comme un soufflé | Prendre rapidement de l’ampleur. | Soufflé | Pâtisserie | Image directe du soufflé qui gonfle rapidement pendant la cuisson. | Origine transparente |
| Être une quiche | Être très mauvais ou peu compétent dans un domaine. | Quiche | Pâtisserie et cuisine | « Quiche » est devenu un terme familier désignant une personne jugée maladroite ou incompétente. | Origine argotique |
| Être une andouille | Être considéré comme stupide ou maladroit. | Andouille | Charcuterie | Le nom de la charcuterie est passé dans le registre familier pour désigner une personne jugée sotte. | Origine attestée |
| Faire l’andouille | Faire le pitre ou agir de manière ridicule. | Andouille | Charcuterie | Même transfert humoristique du nom de la charcuterie vers le comportement humain. | Origine populaire |
| Être un cornichon | Être naïf ou peu dégourdi. | Cornichon | Condiments | Le nom du légume condimentaire est employé familièrement pour désigner une personne jugée naïve. | Origine argotique |
| Être une nouille | Être maladroit, mou ou peu efficace. | Nouille | Pâtes alimentaires | La texture molle de la nouille a favorisé son emploi métaphorique pour désigner une personne peu énergique. | Origine populaire |
| Être un navet | Être médiocre, notamment pour un film ou une œuvre. | Navet | Légumes | Le navet, légume jugé ordinaire, a fourni une métaphore de la médiocrité. | Origine populaire |
| Être une courge | Être naïf ou peu intelligent. | Courge | Légumes | Le terme désigne familièrement une personne jugée peu vive. | Origine argotique |
| Boire comme un trou | Boire énormément. | Boisson | Boissons | Le trou symbolise une capacité sans fond, capable d’absorber sans limite. | Origine populaire |
| Boire comme une éponge | Boire énormément. | Boisson | Boissons | L’éponge absorbe rapidement les liquides ; elle fournit une comparaison directe avec un gros buveur. | Origine transparente |
| Lever le coude | Boire, généralement de l’alcool. | Verre et boisson | Boissons | Le geste répété consistant à lever un verre vers la bouche est à l’origine de la métaphore. | Origine transparente |
| Boire cul sec | Boire un verre entièrement et d’un seul trait. | Boisson | Boissons | « Cul sec » signifie que le fond du verre doit être entièrement vidé. | Origine transparente |
| Avoir une bonne descente | Pouvoir boire beaucoup sans être rapidement affecté par l’alcool. | Boisson | Boissons | « Descente » évoque la facilité avec laquelle la boisson est avalée. | Origine populaire |
| Être beurré | Être ivre. | Beurre | Boissons et argot | Terme argotique employé pour évoquer un état d’ivresse comparable à celui d’une personne rendue molle ou désorientée. | Origine argotique |
| Avoir la gueule de bois | Ressentir les effets désagréables d’une consommation excessive d’alcool. | Boisson | Boissons | Expression attestée au XIXe siècle ; plusieurs explications ont été proposées pour l’image de la bouche sèche et pâteuse. | Origine discutée |
| Boire à tire-larigot | Boire beaucoup. | Boisson | Boissons | Expression ancienne dont l’étymologie précise est discutée ; elle est attestée dès l’époque moderne. | Origine discutée |
| Être entre deux vins | Être légèrement ivre. | Vin | Boissons | Expression ancienne décrivant l’état intermédiaire entre sobriété et ivresse. | Origine ancienne |
| Boire un canon | Boire un verre de vin ou d’alcool. | Vin | Boissons | « Canon » est un ancien terme populaire désignant une mesure ou un verre de vin. | Origine populaire |
| Boire un coup | Prendre une boisson, souvent alcoolisée. | Boisson | Boissons | « Coup » désigne familièrement une consommation ou un verre de boisson. | Origine populaire |
| Prendre un verre | Aller boire une boisson, souvent dans un contexte convivial. | Verre | Boissons | Métonymie courante : le contenant désigne la boisson elle-même. | Origine transparente |
| Payer sa tournée | Offrir à boire à un groupe. | Boisson | Boissons | La « tournée » désigne la série de consommations offertes successivement aux personnes présentes. | Origine populaire |
| Tournée générale | Boissons offertes à tout le groupe. | Boisson | Boissons | Expression issue de la pratique des tournées dans les cafés et débits de boissons. | Origine attestée |
| Boire un pot | Prendre un verre ou une boisson ensemble. | Pot | Boissons | Le pot était un récipient traditionnel pour les boissons ; le contenant a fini par désigner la consommation. | Origine ancienne |
| Porter un toast | Prononcer quelques mots avant de boire à la santé de quelqu’un ou en l’honneur d’un événement. | Boisson | Boissons | Le terme français vient de l’anglais « toast », lié à une ancienne pratique consistant à porter un morceau de pain grillé dans le verre. | Origine attestée |
| Trinquer | Boire ensemble en signe d’amitié, de célébration ou de solidarité. | Vin et boissons | Boissons | Le mot appartient à l’histoire ancienne des pratiques de boisson et des verres portés ensemble. | Origine ancienne |
| Prendre de la bouteille | Acquérir de l’expérience avec l’âge. | Bouteille de vin | Boissons | Le vieillissement du vin en bouteille sert de métaphore à l’expérience acquise avec le temps. | Origine généralement admise |
| Avoir de la bouteille | Avoir beaucoup d’expérience. | Bouteille | Boissons | Image issue du vieillissement des vins en bouteille, transposée à une personne expérimentée. | Origine généralement admise |
| Vivre d’amour et d’eau fraîche | Vivre avec très peu de besoins matériels. | Eau | Boissons | L’eau fraîche représente la nourriture et les besoins matériels réduits au minimum dans une formule poétique. | Origine populaire |
| Manger comme quatre | Manger énormément. | Repas | Manière de manger | Le chiffre quatre sert à exagérer la quantité de nourriture consommée. | Origine populaire |
| Manger comme un ogre | Manger énormément. | Repas | Manière de manger | L’ogre des contes est traditionnellement présenté comme un mangeur vorace. | Origine littéraire |
| Manger comme un moineau | Manger très peu. | Repas | Manière de manger | Le moineau est associé à une petite quantité de nourriture consommée à la fois. | Origine populaire |
| Manger sur le pouce | Manger rapidement, sans véritablement s’installer à table. | Repas | Manière de manger | L’expression évoque un repas pris debout ou rapidement, avec la nourriture tenue directement à la main. | Origine populaire |
| Manger à l’œil | Manger gratuitement. | Repas | Manière de manger | Expression familière désignant un repas obtenu sans payer. | Origine argotique |
| Avoir les yeux plus gros que le ventre | Se servir ou prévoir davantage de nourriture que l’on ne peut en manger. | Repas | Manière de manger | L’image oppose la quantité désirée par le regard aux capacités réelles de l’estomac. | Origine transparente |
| Rester sur sa faim | Ne pas obtenir ce que l’on espérait ou ne pas être pleinement satisfait. | Faim | Faim et appétit | La faim réelle sert de métaphore à une insatisfaction restée sans réponse. | Origine transparente |
| Crever de faim | Avoir extrêmement faim. | Faim | Faim et appétit | Formule populaire hyperbolique décrivant une faim très intense. | Origine populaire |
| Mourir de faim | Avoir très faim. | Faim | Faim et appétit | Hyperbole ancienne reposant sur la gravité extrême attribuée à la faim. | Origine transparente |
| Avoir l’eau à la bouche | Avoir très envie de manger ou de goûter quelque chose. | Nourriture | Faim et appétit | La salivation provoquée par la vue ou l’odeur d’un aliment est devenue une métaphore du désir. | Origine transparente |
| Mettre l’eau à la bouche | Donner envie de manger ou de goûter quelque chose. | Nourriture | Faim et appétit | Même phénomène physiologique transformé en image figurée. | Origine transparente |
| Faire la fine bouche | Montrer une exigence excessive devant ce qui est proposé. | Bouche et repas | Faim et appétit | Expression liée à l’attitude d’une personne qui refuse ou critique les mets proposés. | Origine ancienne |
| Être une fine bouche | Être très exigeant sur la qualité des aliments. | Bouche et gastronomie | Faim et appétit | La « fine bouche » désigne celui qui distingue avec précision les saveurs et les qualités culinaires. | Origine transparente |
| Être un bec fin | Être connaisseur et exigeant en matière de nourriture ou de boisson. | Bouche et gastronomie | Faim et appétit | Le « bec » désigne familièrement la bouche ; « fin » évoque le discernement gastronomique. | Origine ancienne |
| Être dans son assiette | Être dans son état habituel, à l’aise et de bonne humeur. | Assiette | Faim et appétit | L’assiette représente symboliquement l’équilibre et l’état normal de la personne. | Origine populaire |
| Ne pas être dans son assiette | Ne pas être dans son état habituel, être mal à l’aise ou indisposé. | Assiette | Faim et appétit | L’expression repose sur l’idée d’une personne qui n’est plus dans sa position normale. | Origine populaire |
| Manger du bout des lèvres | Manger très peu ou avec réticence. | Repas | Manière de manger | L’expression décrit littéralement une façon de goûter sans véritablement manger. | Origine transparente |
| Ne faire qu’une bouchée de quelque chose | Vaincre ou accomplir quelque chose très facilement et rapidement. | Bouchée | Manière de manger | Une bouchée avalée rapidement sert de métaphore à une tâche accomplie sans difficulté. | Origine transparente |
| Avaler tout rond | Accepter ou subir quelque chose sans protester ; manger sans mâcher dans le sens littéral. | Repas | Manière de manger | L’expression vient de l’action d’avaler un aliment sans le mâcher et s’est étendue au sens figuré. | Origine transparente |
| Avaler d’un trait | Boire ou consommer rapidement. | Boisson | Manière de manger | « D’un trait » décrit une consommation effectuée en une seule fois. | Origine transparente |
| S’en mettre plein la panse | Manger beaucoup. | Repas | Manière de manger | « Panse » désigne familièrement le ventre ; l’expression insiste sur la quantité absorbée. | Origine populaire |
| Se remplir la panse | Manger abondamment. | Repas | Manière de manger | Même image familière du ventre rempli de nourriture. | Origine populaire |
| Faire ripaille | Faire un repas abondant et très festif. | Festin | Repas et convivialité | « Ripaille » appartient à l’ancien vocabulaire des grands repas et des festins. | Origine ancienne |
| Faire bombance | Faire un grand repas, souvent dans un esprit de fête. | Festin | Repas et convivialité | « Bombance » désigne historiquement la vie abondante et les repas copieux. | Origine ancienne |
| Faire bonne chère | Bien manger et être bien reçu à table. | Repas | Repas et convivialité | « Chère » signifiait autrefois le visage puis, par extension, l’accueil et la nourriture servie. | Origine ancienne |
| Faire maigre chère | Recevoir peu à manger ou faire un repas médiocre. | Repas | Repas et convivialité | Opposition avec « bonne chère » ; « maigre » qualifie la pauvreté du repas. | Origine ancienne |
| Aimer la bonne chère | Aimer les bons repas et la gastronomie. | Repas | Repas et convivialité | « Bonne chère » désigne traditionnellement une table généreuse et de qualité. | Origine ancienne |
| À la bonne franquette | Simplement, sans cérémonie, dans une atmosphère conviviale. | Repas | Repas et convivialité | La « bonne franquette » évoque une table simple, spontanée et sans prétention. | Origine ancienne |
| À la fortune du pot | Avec ce que l’on a sous la main, sans préparation très formelle. | Pot et repas | Repas et convivialité | Le pot désigne la nourriture disponible dans la maison ; l’expression renvoie à l’hospitalité improvisée. | Origine ancienne |
| Entre la poire et le fromage | À un moment de conversation détendue pendant ou après le repas. | Poire et fromage | Repas et convivialité | Dans l’ancien repas français, poire et fromage pouvaient se succéder avant le dessert ; ce moment favorisait les conversations libres. | Origine attestée |
| Passer à table | Commencer le repas. | Table | Repas et convivialité | Expression directement liée au moment où les convives prennent place pour manger. | Origine transparente |
| Se mettre à table | S’installer pour manger ; au figuré, avouer ou révéler ce que l’on sait. | Table | Repas et convivialité | Le sens figuré vient du fait que les interrogatoires ou discussions pouvaient se dérouler autour d’une table. | Origine transparente |
| Tenir table ouverte | Recevoir régulièrement et généreusement des convives. | Table | Repas et convivialité | Une table « ouverte » est accessible aux invités sans invitation individuelle stricte. | Origine ancienne |
| Mettre les petits plats dans les grands | Faire un effort particulier pour bien recevoir. | Plats | Repas et convivialité | L’image oppose les petits plats ordinaires aux grands plats réservés aux repas soignés et aux occasions importantes. | Origine transparente |
| Servir sur un plateau | Fournir quelque chose très facilement, sans que la personne ait à faire d’effort. | Service à table | Table et service | Un objet servi sur un plateau est directement présenté au destinataire, sans effort supplémentaire de sa part. | Origine transparente |
| Ne pas y aller avec le dos de la cuillère | Agir ou parler avec vigueur, sans ménagement. | Cuillère | Table et service | Par opposition à une cuillère utilisée normalement, le « dos » suggère une manière moins délicate et plus brutale. | Origine populaire |
| À la louche | De façon approximative ou en grande quantité. | Louche | Cuisine et service | La louche sert à mesurer grossièrement des liquides ou des préparations ; elle est devenue symbole d’une mesure peu précise. | Origine transparente |
| Faire tout un plat | Exagérer l’importance d’une affaire. | Plat | Cuisine et repas | Le plat, objet central du repas, sert ici à représenter une affaire transformée en événement disproportionné. | Origine transparente |
| Mettre les pieds dans le plat | Aborder maladroitement une question délicate. | Plat | Cuisine et repas | Image directe d’une personne qui introduit brutalement ses pieds dans un plat posé au sol ou accessible. | Origine populaire |
| Passer à la casserole | Subir une épreuve ou être soumis à une situation difficile ; registre familier. | Casserole | Cuisine et cuisson | L’image vient de la cuisson et de la mise « dans la casserole » ; l’expression a également connu des emplois sexuels ou punitifs. | Origine populaire |
| Passer à la moulinette | Soumettre quelque chose à une analyse ou à une critique très poussée. | Moulinette | Cuisine et préparation | La moulinette réduit les aliments en petits éléments ; la métaphore décrit une transformation ou une critique sans ménagement. | Origine transparente |
| Mettre les bouchées doubles | Accélérer fortement son travail ou ses efforts. | Bouchée | Cuisine et repas | Image de quelqu’un qui prend deux bouchées à la fois pour avancer plus vite. | Origine transparente |
| Cracher dans la soupe | Refuser ou critiquer quelque chose dont on bénéficie pourtant. | Soupe | Cuisine et repas | La soupe représente le bénéfice reçu ; y cracher symbolise l’ingratitude envers ce qui nourrit. | Origine transparente |
| Ne pas cracher dans la soupe | Accepter volontiers un avantage ou ne pas dénigrer ce dont on profite. | Soupe | Cuisine et repas | Variante positive ou ironique de « cracher dans la soupe ». | Origine transparente |
| Arriver comme un cheveu sur la soupe | Arriver de façon incongrue ou malvenue. | Soupe | Cuisine et repas | Le cheveu tombé dans une soupe constitue une présence étrangère et particulièrement indésirable. | Origine transparente |
| Être soupe au lait | Se mettre très facilement en colère. | Soupe au lait | Cuisine et cuisson | Le lait chauffé peut monter brutalement et déborder ; l’image représente une colère qui monte rapidement. | Origine transparente |
| Servir la soupe à quelqu’un | Favoriser quelqu’un, parfois de manière servile. | Soupe | Cuisine et repas | Servir la soupe à quelqu’un devient une métaphore du fait de lui apporter un avantage ou de le flatter. | Origine populaire |
| Vendre sa salade | Présenter habilement son discours pour convaincre ou se mettre en valeur. | Salade | Cuisine et repas | Le vendeur de salade doit présenter et valoriser sa marchandise ; l’image s’est étendue au discours commercial ou persuasif. | Origine populaire |
| Raconter des salades | Raconter des histoires fausses, exagérées ou peu crédibles. | Salade | Cuisine et repas | Le mélange des ingrédients d’une salade a fourni l’image d’un récit composé d’éléments mélangés ou arrangés. | Origine populaire |
| Être dans la panade | Être dans une situation difficile. | Panade | Cuisine et préparations | La panade est une préparation simple et épaisse ; le terme est passé dans le langage populaire pour désigner une situation pénible. | Origine populaire |
| Être dans la mélasse | Être dans une situation difficile et avoir du mal à s’en sortir. | Mélasse | Sucre et préparations | La mélasse est épaisse et collante ; cette consistance fournit l’image d’une personne empêtrée dans ses difficultés. | Origine transparente |
| Être dans le jus | Être débordé de travail, particulièrement dans le langage professionnel de la cuisine. | Jus | Cuisine et restauration | Le « jus » appartient au vocabulaire professionnel des cuisines ; l’expression désigne une situation de forte activité. | Origine professionnelle |
| Se mettre dans le pétrin | Se placer dans une situation compliquée. | Pétrin | Cuisine et boulangerie | Même image que « être dans le pétrin », directement tirée du travail de la pâte. | Origine transparente |
| Décrocher la timbale | Obtenir un grand avantage ou décrocher un succès important. | Timbale | Cuisine et table | La timbale est un récipient ou une préparation culinaire ; l’expression vient notamment d’anciens usages de la timbale comme objet de récompense. | Origine généralement admise |
| Se faire tout un fromage | Exagérer considérablement l’importance d’une affaire. | Fromage | Produits laitiers | Le fromage, produit banal ou quotidien dans l’imaginaire populaire, sert à représenter une affaire transformée en événement démesuré. | Origine populaire |
| En faire tout un fromage | Donner une importance excessive à une chose. | Fromage | Produits laitiers | Variante de « se faire tout un fromage », construite sur la même métaphore. | Origine populaire |
| Être plein comme un œuf | Être complètement rempli ou rassasié. | Œuf | Œufs et produits laitiers | L’œuf représente un objet naturellement plein et fermé, sans espace intérieur apparent. | Origine transparente |
| Mettre tous ses œufs dans le même panier | Concentrer tous ses espoirs ou ressources sur une seule possibilité. | Œufs | Œufs et alimentation | Transporter plusieurs œufs dans un seul panier risque de tous les casser en cas d’accident ; la métaphore invite à diversifier les risques. | Origine transparente |
| Ne pas casser trois pattes à un canard | Ne rien avoir d’exceptionnel ou de remarquable. | Cuisine populaire | Cuisine et alimentation | Expression devenue figée autour d’une image alimentaire et rurale ; son lien précis avec la cuisine est cependant secondaire. | Origine populaire |
| Manger son chapeau | Être obligé de reconnaître qu’on s’est trompé. | Chapeau | Alimentation figurée | Expression anglo-saxonne passée en français ; elle utilise un objet non alimentaire rendu volontairement « mangeable » dans l’image. | Origine attestée |
| Avaler son chapeau | Devoir reconnaître son erreur ou revenir sur ses paroles. | Chapeau | Alimentation figurée | Variante française de « manger son chapeau », popularisée notamment dans le langage politique et journalistique. | Origine attestée |
| Manger à tous les râteliers | Profiter de plusieurs sources d’avantages à la fois. | Nourriture animale | Alimentation | Expression liée à la nourriture distribuée dans les râteliers ; elle décrit quelqu’un qui cherche à profiter de plusieurs ressources. | Origine ancienne |
| Manger à sa faim | Manger en quantité suffisante pour ne plus avoir faim. | Repas | Faim et appétit | Expression littérale passée dans l’usage courant pour désigner une alimentation suffisante. | Origine transparente |
| Manger son pain quotidien | Assurer chaque jour sa subsistance. | Pain | Pain et farine | Le « pain quotidien » appartient au vocabulaire traditionnel de la subsistance quotidienne. | Origine ancienne |
| Mettre la viande dans le torchon | Aller dormir, dans un registre populaire ou argotique. | Viande | Viandes et charcuteries | Expression argotique fondée sur l’image de la viande enveloppée dans un torchon et rangée, transposée au moment d’aller se coucher. | Origine argotique |
| Avoir de la viande autour de l’os | Être solidement constitué ou disposer d’une certaine corpulence. | Viande | Viandes et charcuteries | Image culinaire directe d’un morceau de viande qui possède encore une quantité substantielle autour de l’os. | Origine populaire |
| Être dans le cochon | Être dans une situation très favorable, selon certains emplois régionaux ou populaires. | Cochon et charcuterie | Viandes et charcuteries | Expression populaire à diffusion limitée, liée à l’image traditionnelle du cochon comme source de nourriture et de richesse rurale. | Origine régionale |
| Manger du lion | Manifester une énergie ou une détermination inhabituelle. | Alimentation carnée | Viandes et charcuteries | Métaphore alimentaire traditionnelle fondée sur l’idée qu’ingérer l’animal transmettrait sa force. | Origine populaire |
| Avoir un appétit de loup | Avoir très faim. | Repas | Faim et appétit | Le loup est ici utilisé comme image d’un appétit exceptionnellement grand. | Origine populaire |
| Avoir un appétit d’oiseau | Manger très peu. | Repas | Faim et appétit | L’oiseau fournit l’image d’une petite quantité de nourriture. | Origine populaire |
| Avoir une faim de loup | Avoir extrêmement faim. | Faim | Faim et appétit | Le loup représente traditionnellement la voracité et un appétit considérable. | Origine populaire |
| Se lécher les babines | Montrer une grande envie de manger ou de profiter de quelque chose. | Repas | Faim et appétit | Le geste de se lécher les lèvres avant de manger est devenu une image du désir gourmand. | Origine transparente |
| Se mettre quelque chose sous la dent | Trouver de quoi manger. | Nourriture | Faim et appétit | Expression directement liée à l’action de placer un aliment sous les dents pour le manger. | Origine transparente |
| Être rassasié | N’avoir plus faim après avoir mangé. | Repas | Faim et appétit | Terme ancien issu du vocabulaire de la satisfaction alimentaire. | Origine ancienne |
| Faire maigre | Observer une abstinence ou consommer un repas sans viande, notamment dans un contexte religieux traditionnel. | Repas | Alimentation | Le « maigre » s’opposait au « gras » dans l’ancien vocabulaire alimentaire et religieux. | Origine ancienne |
| Faire gras | Manger des aliments riches, notamment de la viande, par opposition aux jours de maigre. | Viande et matières grasses | Alimentation | Ancienne opposition alimentaire entre jours gras et jours maigres. | Origine ancienne |
| Jour de fête, jour de gras | Associer une fête à une alimentation plus riche. | Repas | Alimentation | Le vocabulaire traditionnel du « gras » désignait les périodes où les aliments riches et carnés étaient privilégiés. | Origine ancienne |
| Faire bonne table | Offrir ou apprécier une nourriture abondante et de qualité. | Table et repas | Repas et convivialité | La table désigne par métonymie le repas et l’hospitalité qui l’accompagnent. | Origine ancienne |
| Être bon vivant | Aimer les plaisirs de la table, de la convivialité et de la vie. | Gastronomie | Repas et convivialité | Expression associant la joie de vivre à la bonne chère et aux plaisirs sociaux. | Origine attestée |
| Aimer la bonne table | Apprécier la bonne cuisine et les repas de qualité. | Table | Repas et convivialité | La table désigne par extension la nourriture, la cuisine et les plaisirs du repas. | Origine transparente |
| Tenir bonne table | Servir généreusement et bien recevoir à manger. | Table | Repas et convivialité | Expression ancienne où « table » désigne l’ensemble du repas et de l’hospitalité. | Origine ancienne |
| Faire honneur à la table | Bien manger ou montrer son appréciation du repas servi. | Table | Repas et convivialité | Manger avec appétit était traditionnellement considéré comme une marque de respect envers celui qui recevait. | Origine ancienne |
| Faire honneur à un plat | Manger avec plaisir et quantité suffisante pour montrer qu’on apprécie le repas. | Plat | Repas et convivialité | Le comportement du convive est présenté comme une marque de reconnaissance envers le cuisinier ou l’hôte. | Origine transparente |
| Mettre les bouchées doubles | Accélérer ses efforts. | Bouchée | Cuisine et repas | Prendre deux bouchées à la fois constitue une image humoristique de la rapidité. | Origine transparente |
| Manger les morceaux | Profiter des meilleures parties d’un repas ou d’un avantage. | Nourriture | Alimentation | Expression construite autour de la sélection des morceaux les plus intéressants d’un aliment. | Origine populaire |
| Ne pas en perdre une miette | Être très attentif ou ne rien laisser échapper. | Miette | Pain et nourriture | Une miette est la plus petite partie d’un aliment ; ne pas en perdre une seule traduit l’idée d’une attention totale. | Origine transparente |
| En avoir sa claque | En avoir assez, être excédé. | Claque et repas | Alimentation populaire | « Claque » a été rapproché dans certains usages populaires de la nourriture ou de la quantité consommée, mais l’origine alimentaire est incertaine. | Origine discutée |
| Ne pas avoir de quoi se payer un croûton | Être très pauvre. | Croûton de pain | Pain | Le croûton représente ici une nourriture simple et peu coûteuse que même une personne démunie ne pourrait acheter. | Origine populaire |
| Être dur à cuire | Être difficile à convaincre, à vaincre ou à faire changer d’avis. | Cuisson | Cuisine et cuisson | Une viande difficile à cuire sert de métaphore à une personne difficile à « travailler ». | Origine transparente |
| Laisser mijoter une affaire | Laisser une situation évoluer lentement avant d’agir. | Mijotage | Cuisine et cuisson | Le mijotage consiste à cuire lentement ; l’image est transposée à une affaire que l’on laisse évoluer. | Origine transparente |
| Mettre les choses à feu doux | Traiter progressivement une situation sans précipitation. | Cuisson | Cuisine et cuisson | Le feu doux permet une cuisson lente et maîtrisée ; la métaphore désigne une action progressive. | Origine transparente |
| Faire bouillir quelqu’un | Mettre quelqu’un très en colère ou l’exaspérer. | Cuisson | Cuisine et cuisson | L’ébullition sert de représentation directe d’une colère qui monte. | Origine transparente |
| Bouillir d’impatience | Être extrêmement impatient. | Cuisson | Cuisine et cuisson | L’ébullition de l’eau sert à représenter une émotion qui monte fortement. | Origine transparente |
| Faire revenir une affaire | Reprendre un sujet ou une question déjà abordée. | Cuisson | Cuisine et cuisson | « Faire revenir » est un terme culinaire devenu métaphore d’une affaire que l’on remet en discussion. | Origine transparente |
| Faire mijoter quelqu’un | Faire attendre volontairement quelqu’un avant de lui donner une réponse. | Cuisson | Cuisine et cuisson | Le mijotage lent sert de métaphore à une attente prolongée. | Origine transparente |
| Mettre à toutes les sauces | Adapter ou utiliser une même chose dans de nombreuses circonstances. | Sauce | Cuisine et cuisson | La sauce accompagne une grande diversité de préparations ; la métaphore traduit une adaptation répétée. | Origine transparente |
| Être aux petits oignons | Être particulièrement bien traité ou préparé avec soin. | Oignon | Cuisine | Les petits oignons sont traditionnellement associés à une préparation minutieuse et soignée. | Origine généralement admise |
| Faire revenir | Reprendre un sujet ou ramener quelque chose dans une discussion. | Cuisson | Cuisine | Sens figuré directement issu du vocabulaire culinaire de la cuisson à la poêle. | Origine transparente |
| Saler la note | Augmenter fortement le coût d’une dépense. | Sel | Cuisine et argent | Le sel, condiment indispensable mais historiquement précieux, sert à représenter une augmentation du prix. | Origine populaire |
| Être salé | Être très cher, notamment à propos d’une facture. | Sel | Cuisine et argent | Le caractère coûteux d’un prix est assimilé à une quantité excessive de sel. | Origine populaire |
| Ne pas être donné | Être coûteux. | Alimentation et prix | Cuisine et argent | Expression fréquemment employée pour les produits alimentaires comme pour les repas. | Origine transparente |
| Mettre du beurre dans les épinards | Améliorer son niveau de vie. | Beurre et légumes | Cuisine et argent | Ajouter du beurre à un plat simple représente une amélioration concrète du repas et, par extension, des conditions de vie. | Origine généralement admise |
| Faire son beurre | S’enrichir grâce à une activité. | Beurre | Cuisine et argent | Produire ou vendre du beurre devient métaphoriquement le fait de tirer un profit personnel. | Origine généralement admise |
| Ne pas avoir un radis | Être sans argent. | Radis | Cuisine et argent | Le radis représente ici une somme minime, voire nulle. | Origine populaire |
| Être fauché comme les blés | Être complètement sans argent. | Blé | Cuisine et argent | Le champ de blé fauché fournit une image de quelque chose dont il ne reste plus rien à récolter. | Origine populaire |
| Avoir du blé | Posséder de l’argent. | Blé | Cuisine et argent | La valeur économique du blé et son rôle historique dans l’économie rurale ont favorisé son emploi argotique. | Origine argotique |
| Se faire du blé | Gagner de l’argent. | Blé | Cuisine et argent | Le blé représente directement la richesse produite. | Origine argotique |
| Manger son argent | Dépenser progressivement ses ressources pour vivre. | Nourriture | Cuisine et argent | L’argent est présenté comme une ressource transformée en nourriture et en subsistance. | Origine transparente |
| Manger son bien | Dépenser progressivement son patrimoine. | Nourriture | Cuisine et argent | L’image ancienne associe les biens consommés aux ressources nécessaires pour se nourrir. | Origine ancienne |
| Vendre sa salade | Chercher à convaincre en présentant avantageusement son produit ou son discours. | Salade | Cuisine et commerce | Le vendeur valorise sa marchandise ; l’expression transpose ce comportement au discours. | Origine populaire |
| Être dans la sauce | Être dans une situation compliquée, particulièrement sous pression. | Sauce | Cuisine | Expression familière contemporaine issue de l’image d’une personne « plongée » dans une préparation difficile à maîtriser. | Origine populaire |
| Se faire rouler dans la farine | Être trompé ou manipulé. | Farine | Cuisine | La farine enveloppe et dissimule ; l’image évoque quelqu’un que l’on manipule facilement. | Origine généralement admise |
| Rouler dans la farine | Tromper quelqu’un. | Farine | Cuisine | Variante de « rouler quelqu’un dans la farine ». | Origine populaire |
| Faire avaler quelque chose | Faire accepter une explication difficile à croire. | Nourriture | Cuisine et alimentation | Une idée difficile à accepter est comparée à une nourriture difficile à avaler. | Origine transparente |
| Avaler une couleuvre | Accepter une humiliation ou une situation pénible sans pouvoir protester. | Alimentation figurée | Cuisine et alimentation | L’image consiste à avaler quelque chose de particulièrement répugnant ; expression alimentaire figurée ancienne. | Origine populaire |
| Faire passer la pilule | Faire accepter une chose désagréable en l’accompagnant d’un élément qui la rend plus acceptable. | Aliment et médicament | Alimentation figurée | La pilule n’est pas un aliment, mais l’expression repose sur l’action de faire avaler quelque chose de difficile à accepter. | Origine médicale |
| Une pilule amère | Une réalité ou une nouvelle difficile à accepter. | Aliment et médicament | Alimentation figurée | La pilule amère fournit une image directe d’une expérience désagréable à « avaler ». | Origine transparente |
| Avaler la pilule | Accepter quelque chose de désagréable. | Aliment et médicament | Alimentation figurée | L’action de faire passer une pilule devient métaphore de l’acceptation forcée. | Origine transparente |
| Ne pas être sorti de l’auberge | Ne pas être encore tiré d’affaire. | Auberge et repas | Repas et hospitalité | L’auberge représente le lieu où l’on s’arrête ; ne pas en être sorti signifie que la situation difficile continue. | Origine populaire |
| Être servi | Recevoir ce que l’on attend, parfois avec une nuance ironique. | Service à table | Table et service | Expression directement issue du vocabulaire du service des repas. | Origine transparente |
| Être servi sur un plateau | Recevoir quelque chose sans avoir à faire d’effort. | Service à table | Table et service | Un plat présenté sur un plateau est immédiatement disponible pour le convive. | Origine transparente |
| Mettre les petits plats dans les grands | Préparer un repas particulièrement soigné pour recevoir. | Plats | Table et service | Le passage des petits aux grands plats représente l’effort supplémentaire consenti pour l’occasion. | Origine transparente |
| Passer à table | S’installer pour manger ; révéler ce que l’on sait dans un contexte figuré. | Table | Table et service | Le sens premier est culinaire ; le sens figuré vient de l’idée de faire asseoir quelqu’un pour obtenir des aveux. | Origine transparente |
| Se mettre à table | Commencer à manger ou parler franchement. | Table | Table et service | Le sens figuré découle du moment où les personnes réunies autour d’une table échangent et parlent. | Origine transparente |
| Tenir table ouverte | Recevoir largement et régulièrement. | Table | Table et service | La table ouverte est celle à laquelle les convives peuvent venir prendre place. | Origine ancienne |
| Être à table | Être en train de prendre son repas. | Table | Table et service | Expression littérale devenue également point de départ de nombreuses expressions figurées. | Origine transparente |
| Desservir la table | Retirer les plats, assiettes et couverts après le repas. | Table | Table et service | Terme issu directement du vocabulaire traditionnel du service à table. | Origine professionnelle |
| Mettre le couvert | Préparer la table avant le repas. | Couvert | Table et service | Le couvert désigne l’ensemble des éléments nécessaires au convive ; le mettre consiste à préparer la table. | Origine ancienne |
| Mettre le couvert pour quelqu’un | Préparer une place à table pour une personne. | Couvert | Table et service | Expression issue du service traditionnel des repas. | Origine transparente |
| Être de couvert | Être convié à une table ou compter parmi les personnes servies. | Couvert | Table et service | Ancien vocabulaire de la table et du service des repas. | Origine ancienne |
| Avoir couvert à table | Être assuré d’une place et d’un repas. | Couvert | Table et service | Le couvert représente la place préparée pour le convive. | Origine ancienne |
| Donner à boire et à manger | Pourvoir quelqu’un en nourriture et en boisson. | Repas | Hospitalité | Association traditionnelle des deux besoins essentiels de l’hospitalité. | Origine transparente |
| Boire et manger | Participer à un repas ou satisfaire les besoins alimentaires. | Repas | Hospitalité | Formule élémentaire désignant l’ensemble du repas. | Origine transparente |
| À boire et à manger | Contenir des éléments très différents, parfois contradictoires. | Repas | Alimentation | L’expression évoque un ensemble où se côtoient des choses de nature différente. | Origine populaire |
| Avoir de quoi manger | Disposer de nourriture suffisante. | Nourriture | Alimentation | Expression littérale liée à la satisfaction des besoins alimentaires. | Origine transparente |
| Manger à sa faim | Se nourrir suffisamment. | Faim | Alimentation | Formulation directe exprimant la quantité nécessaire pour faire disparaître la faim. | Origine transparente |
| Manger à sa guise | Manger comme on le souhaite, sans contrainte. | Repas | Alimentation | Expression littérale liée à la liberté de choisir sa manière de manger. | Origine transparente |
| Faire bonne chère | Bien manger et recevoir un bon repas. | Repas | Gastronomie | « Chère » appartient à l’ancien vocabulaire de l’accueil et du repas ; l’expression est attestée depuis longtemps. | Origine ancienne |
| Bonne chère | Bonne nourriture et bon accueil à table. | Repas | Gastronomie | « Chère » a pris le sens de nourriture et d’accueil dans l’ancien français. | Origine ancienne |
| Mauvaise chère | Mauvais repas ou mauvais accueil. | Repas | Gastronomie | Opposition traditionnelle à « bonne chère ». | Origine ancienne |
| Faire chère lie | Faire bonne chère et se réjouir à table. | Repas | Gastronomie | « Chère lie » appartient à l’ancien vocabulaire festif associé aux repas joyeux. | Origine ancienne |
| À la bonne franquette | Sans façon, avec simplicité autour d’un repas. | Repas | Gastronomie | Expression associée à une hospitalité simple, familière et sans cérémonial. | Origine ancienne |
| À la fortune du pot | Recevoir ou être reçu avec les aliments disponibles. | Pot et repas | Gastronomie | L’expression appartient au vocabulaire ancien de l’hospitalité familiale et improvisée. | Origine ancienne |
| Entre la poire et le fromage | À un moment détendu du repas ou de la conversation. | Poire et fromage | Gastronomie | La succession traditionnelle des mets a donné son nom à ce moment privilégié des conversations. | Origine attestée |
| Ne faire qu’une bouchée | Venir très facilement à bout de quelque chose. | Bouchée | Cuisine | L’action de manger une bouchée très rapidement sert de métaphore à une victoire ou une tâche aisée. | Origine transparente |
| Mordre à belles dents | Manger avec appétit et énergie. | Repas | Manière de manger | L’expression décrit directement une façon énergique de manger. | Origine transparente |
| Manger de bon appétit | Manger avec plaisir et envie. | Repas | Manière de manger | Expression littérale issue du vocabulaire traditionnel de la table. | Origine transparente |
| Perdre l’appétit | Ne plus avoir envie de manger ; perdre son envie de quelque chose. | Appétit | Faim et appétit | Le sens figuré dérive directement du phénomène alimentaire réel. | Origine transparente |
| Ouvrir l’appétit | Donner envie de manger ou stimuler le désir de nourriture. | Appétit | Faim et appétit | Expression liée aux aliments, odeurs ou boissons qui stimulent effectivement la faim. | Origine transparente |
| Couper l’appétit | Faire disparaître l’envie de manger ou de poursuivre quelque chose. | Appétit | Faim et appétit | Sens figuré directement construit sur la disparition de l’appétit alimentaire. | Origine transparente |
| Mettre en appétit | Donner envie de manger ou préparer progressivement au repas. | Appétit | Faim et appétit | Expression issue du vocabulaire gastronomique et physiologique. | Origine transparente |
| Être rassasié | Ne plus ressentir la faim. | Repas | Faim et appétit | Terme ancien directement issu du vocabulaire alimentaire. | Origine ancienne |
| Rassasier quelqu’un | Donner suffisamment à manger à quelqu’un. | Repas | Faim et appétit | Verbe directement lié à la satisfaction de la faim. | Origine transparente |
| Manger son saoul | Manger jusqu’à satiété. | Repas | Faim et appétit | « À son saoul » signifie selon son désir ou jusqu’à satisfaction ; l’expression appartient à un ancien vocabulaire de la mesure. | Origine ancienne |
| Boire son saoul | Boire jusqu’à satiété ou jusqu’à l’ivresse. | Boisson | Boissons | Ancienne construction liée à l’idée de boire autant qu’on le souhaite ou jusqu’à satisfaction. | Origine ancienne |
| Manger à la petite cuillère | Manger très progressivement ou avec une grande délicatesse, selon le contexte. | Cuillère | Table et service | Expression issue du geste culinaire et de la petite quantité transportée par une cuillère. | Origine transparente |
| Être dans le jus | Être débordé, notamment en cuisine pendant le service. | Jus | Cuisine professionnelle | Le terme s’est particulièrement développé dans l’argot professionnel des cuisines et de la restauration. | Origine professionnelle |
| Être dans le pâté | Être fatigué, confus ou désorienté. | Pâté | Cuisine | Le pâté, masse compacte, fournit une image populaire d’un état de confusion ou de lourdeur. | Origine populaire |
| Être dans la panade | Être dans une situation difficile. | Panade | Cuisine | La consistance épaisse de la panade a favorisé son emploi métaphorique pour désigner une situation dont on peine à sortir. | Origine populaire |
| Être dans la mélasse | Être empêtré dans des difficultés. | Mélasse | Cuisine | La mélasse, liquide très épais et collant, constitue une métaphore particulièrement directe de l’enlisement. | Origine transparente |
| Être dans la sauce | Être dans une situation compliquée ou sous pression. | Sauce | Cuisine | Expression familière récente reposant sur l’image d’une personne plongée dans une préparation dont elle ne maîtrise plus la situation. | Origine populaire |