Dans l’extrême sud de la Corse, autour de Figari, le vignoble s’étend dans un paysage où les influences méditerranéennes rencontrent les reliefs granitiques et les vents qui parcourent la région. L’appellation Vin de Corse ou Corse Figari constitue l’une des cinq dénominations géographiques complémentaires de l’AOC Vin de Corse, aux côtés de Calvi, Coteaux du Cap Corse, Porto-Vecchio et Sartène.
Figari produit des vins rouges, rosés et blancs, avec une identité particulièrement liée au sciaccarellu, au niellucciu, au grenache et au vermentinu.
Cette diversité permet à l’appellation de trouver sa place dans une gastronomie corse fondée sur les poissons de Méditerranée, les charcuteries, les viandes grillées, les légumes du maquis, les fromages et les produits de la mer.
Figari, une appellation dans l’appellation Corse
Une précision est essentielle pour comprendre le statut du Figari.
Figari n’est pas une AOC totalement indépendante de l’appellation Vin de Corse. Il s’agit d’une dénomination géographique complémentaire de l’AOC « Vin de Corse » ou « Corse ».
La mention « Figari » peut être utilisée lorsque les vins respectent les conditions particulières définies pour ce territoire.
Sur une bouteille, on peut donc rencontrer la mention « Vin de Corse Figari » ou « Corse Figari ».
Cette construction permet de distinguer un terroir particulier au sein du vignoble corse.
Une appellation méridionale
Le territoire de Figari se situe dans le sud de l’île, en Corse-du-Sud, à proximité de Porto-Vecchio, Sartène et Bonifacio.
L’aire géographique de la dénomination Figari comprend les communes de Figari, Monacia-d’Aullène et Pianottoli-Caldarello.
Cette localisation place le vignoble dans un environnement particulièrement marqué par la Méditerranée.
La proximité du littoral, les reliefs environnants et les vents contribuent à créer un paysage viticole très différent de celui des grands vignobles continentaux.
L’arrière-pays est vallonné et dominé notamment par le massif de l’Omo di Cagna, dont le relief atteint 1 215 mètres.
Une histoire viticole très ancienne
La culture de la vigne en Corse est ancienne et précède largement la création des appellations modernes.
Les différentes civilisations qui se sont succédé sur l’île ont participé au développement de la viticulture, depuis l’Antiquité jusqu’aux périodes génoise et française.
La vigne a connu des périodes de développement et de recul, notamment en fonction des évolutions économiques, des maladies et des transformations agricoles.
La viticulture corse moderne s’est progressivement structurée au XXe siècle, avec une volonté croissante de valoriser les cépages insulaires et les terroirs.
L’appellation Vin de Corse a été reconnue en appellation d’origine en 1972, tandis que la dénomination géographique Figari a été intégrée au dispositif réglementaire de l’appellation avec le décret du 2 avril 1976.
Cette reconnaissance a permis de renforcer la protection de l’origine et des caractéristiques des vins produits sur le territoire.
Le terroir de Figari
Le terroir viticole de Figari repose principalement sur des formations granitiques et sur les sols issus de leur décomposition, auxquels s’ajoutent certaines zones plus alluviales.
Le paysage viticole est ainsi loin d’être uniforme.
Le granit constitue l’une des signatures géologiques majeures du secteur. Les roches se décomposent progressivement sous l’effet du climat, donnant naissance à des sols pouvant présenter une proportion importante de matériaux sableux et granitiques.
Ces sols sont généralement drainants et relativement pauvres, ce qui limite naturellement la vigueur de la vigne.
La vigne doit ainsi trouver ses ressources dans un environnement où l’eau peut être rare durant la période estivale.
Le climat méditerranéen de Figari
Le climat est typiquement méditerranéen : étés chauds et secs, hivers plus doux et précipitations concentrées sur certaines périodes de l’année.
Cette situation favorise naturellement la maturité des raisins.
Mais le climat corse ne se résume pas à la chaleur.
Le vent constitue un facteur important du terroir.
Dans la région de Figari, les flux d’air peuvent être particulièrement sensibles. Ils contribuent à assécher la végétation après les épisodes humides et participent aux conditions particulières de culture de la vigne.
Pour le vigneron, cette combinaison de chaleur, de sécheresse, d’ensoleillement et de ventilation constitue à la fois une caractéristique du terroir et un élément à maîtriser dans la conduite de la vigne.
Le rôle du vent
Le vent est particulièrement important dans la compréhension des vignobles corses.
Dans le secteur de Figari, les influences maritimes et les vents venant de l’intérieur de l’île contribuent à limiter certaines situations d’humidité persistante.
La ventilation naturelle peut également avoir une influence sur l’état sanitaire des grappes.
Elle constitue ainsi un élément du fonctionnement naturel du vignoble.
Le climat méditerranéen et les vents contribuent également à créer des conditions favorables à une viticulture où la maîtrise de la maturité et de la fraîcheur demeure essentielle.
Les cépages rouges
Les vins rouges et rosés de Figari reposent principalement sur plusieurs cépages méditerranéens, parmi lesquels le grenache N, le niellucciu N et le sciaccarellu N.
D’autres cépages peuvent compléter l’encépagement dans les conditions prévues par le cahier des charges, notamment l’aléatico, la barbarossa, le carcajolo nero, le carignan, le cinsault, le mourvèdre, la syrah et le vermentinu.
Cette diversité permet aux vignerons de construire différents profils de vins tout en conservant une forte identité méditerranéenne.
Le sciaccarellu, cépage emblématique de la Corse
Le sciaccarellu constitue l’un des grands cépages autochtones de l’île.
Son nom est étroitement associé aux vignobles du sud-ouest et du sud de la Corse.
Il peut donner des vins rouges relativement fins, parfumés et épicés, avec une expression aromatique qui peut évoquer les petits fruits rouges, les épices et certaines notes végétales ou poivrées selon les conditions de production.
Sa présence dans les assemblages participe fortement à l’identité des vins corses.
Le niellucciu
Le niellucciu est l’autre grand cépage rouge identitaire de la Corse.
Il est génétiquement apparenté au sangiovese italien, mais son expression dans les conditions corses possède une identité propre.
Le niellucciu peut produire des vins colorés, structurés et aromatiques, avec une palette pouvant aller des fruits rouges et noirs aux épices et aux notes méditerranéennes.
Dans le sud de la Corse, il peut être associé au sciaccarellu et au grenache afin de construire des vins équilibrés entre fruit, structure et fraîcheur.
Le grenache
Le grenache complète fréquemment les cépages insulaires.
Dans le climat chaud et sec de Figari, il trouve des conditions favorables à une bonne maturité.
Il contribue généralement à la rondeur, au fruit et à la générosité des vins.
Associé au sciaccarellu ou au niellucciu, il permet d’obtenir des assemblages où les différentes qualités des cépages se complètent.
Le vermentinu
Pour les vins blancs, le cépage central est le vermentinu, appelé également vermentino.
Le cahier des charges prévoit que les vins blancs de l’appellation Corse sont issus à au moins 75 % de vermentinu.
En Corse, ce cépage est également connu localement sous le nom de malvoisie de Corse.
Il constitue l’un des grands cépages blancs méditerranéens et donne des vins particulièrement adaptés à la gastronomie insulaire.
Les autres cépages blancs
Le vermentinu peut être complété par plusieurs cépages autorisés selon les conditions du cahier des charges, notamment le biancu gentile, la codivarta, le genovese et l’ugni blanc, ce dernier pouvant également être désigné sous le nom de rossola.
Ces cépages secondaires permettent d’élargir la palette aromatique et de construire des cuvées présentant des personnalités différentes.
Le Figari blanc
Le Figari blanc est probablement l’une des expressions les plus évidentes de la rencontre entre cépage méditerranéen, climat insulaire et gastronomie maritime.
Le vermentinu donne des vins généralement frais, aromatiques et floraux.
Selon le terroir, le millésime et la vinification, le vin peut également développer des notes d’agrumes, de fruits blancs, d’herbes aromatiques ou une dimension minérale.
La fraîcheur constitue un élément important de son équilibre.
Le profil aromatique du blanc
Un Figari blanc jeune peut évoquer :
-
les fleurs blanches ;
-
les agrumes ;
-
les fruits à chair blanche ;
-
les herbes méditerranéennes ;
-
des notes minérales ;
-
une légère amertume finale pouvant contribuer à la fraîcheur gastronomique.
Le vermentinu possède une personnalité suffisamment expressive pour être apprécié seul à l’apéritif, mais également suffisamment structuré pour accompagner des plats.
Le Figari rosé
Le rosé occupe une place importante dans les vignobles méditerranéens et Figari ne fait pas exception.
Les vins rosés sont élaborés à partir des cépages rouges autorisés par l’appellation, avec notamment le grenache, le niellucciu et le sciaccarellu.
Le style dépend fortement du choix de vinification.
Un rosé clair et tendu pourra privilégier les agrumes, les petits fruits rouges et la fraîcheur.
Une cuvée plus expressive pourra présenter davantage de fruit et de rondeur.
Dans tous les cas, le climat méditerranéen et l’acidité naturelle du vin jouent un rôle important dans son équilibre.
Le Figari rouge
Le rouge constitue une expression majeure de la dénomination.
L’assemblage de sciaccarellu, niellucciu et grenache permet de construire des vins qui peuvent combiner fruit, épices, structure et fraîcheur.
Le style varie selon les proportions des cépages, les rendements, la maturité des raisins, la vinification et l’élevage.
Les cuvées destinées à être consommées jeunes privilégient généralement le fruit et la fraîcheur.
Les vins plus ambitieux, issus notamment de vieilles vignes ou bénéficiant d’un élevage plus long, peuvent développer une structure plus importante et une palette aromatique plus complexe.
Figari et les arômes du maquis
L’expression « arômes de maquis » est souvent employée lorsqu’on parle des vins corses.
Elle doit cependant être utilisée avec discernement.
Le maquis est effectivement omniprésent dans le paysage corse : immortelle, myrte, arbousier, genévrier, romarin et autres plantes aromatiques participent au paysage olfactif de l’île.
Les vins peuvent présenter des notes évoquant les herbes, les épices ou la végétation méditerranéenne.
Mais cela ne signifie pas que les arômes des plantes environnantes sont automatiquement transférés aux raisins.
Le profil aromatique d’un vin résulte d’un ensemble de facteurs : cépage, maturité, sol, climat, vinification, élevage et évolution.
Une viticulture adaptée à la sécheresse
Le climat de Figari impose une réflexion particulière sur la gestion de l’eau.
La vigne est une plante méditerranéenne qui peut supporter des périodes de sécheresse, mais la disponibilité hydrique influence directement la croissance de la plante et la maturité des raisins.
Les sols drainants, les faibles précipitations estivales et les températures élevées peuvent entraîner un stress hydrique important.
Le travail du vigneron consiste donc à rechercher un équilibre entre maturité et fraîcheur.
Une maturité excessive peut conduire à des vins lourds et alcoolisés, tandis qu’une récolte trop précoce peut manquer de concentration et de maturité aromatique.
La récolte
Dans ce climat méridional, la maturité peut être atteinte relativement tôt.
La date de vendange dépend cependant du cépage, de l’exposition, de l’altitude, de la parcelle, du millésime et du style recherché.
Les raisins destinés au blanc doivent notamment conserver suffisamment d’acidité pour maintenir la fraîcheur du vin.
Pour les rouges, le vigneron recherche une maturité suffisamment complète des raisins tout en évitant une perte excessive de fraîcheur.
La vinification des blancs
Le Figari blanc peut être vinifié de manière à préserver l’expression aromatique du vermentinu.
La vendange peut être pressée rapidement afin de limiter l’oxydation.
Les moûts sont ensuite clarifiés avant fermentation.
La fermentation peut être conduite à température maîtrisée afin de préserver les arômes.
Selon le style recherché, l’élevage peut être réalisé en cuve ou dans différents contenants.
Certains producteurs recherchent une expression très fraîche et directe, tandis que d’autres privilégient davantage de texture et de volume.
La vinification des rouges
Pour les rouges, les raisins sont généralement éraflés ou conservés en grappes selon les choix du domaine, puis fermentés avec une extraction plus ou moins importante.
La durée de macération, la température de fermentation et les opérations de remontage ou de pigeage déterminent en partie la structure du vin.
L’élevage peut ensuite être réalisé en cuve, en fût ou dans d’autres contenants.
Le choix du contenant doit permettre de préserver l’identité du cépage et du terroir plutôt que de masquer les caractéristiques du vin.
Figari et la gastronomie corse
Le Figari possède une grande cohérence avec la cuisine corse.
La gastronomie de l’île associe produits de la mer, charcuteries, viandes, fromages, légumes, céréales, châtaigne, huile d’olive et herbes méditerranéennes.
Cette diversité correspond parfaitement aux trois couleurs produites dans la dénomination.
Le blanc s’oriente naturellement vers la mer.
Le rouge accompagne volontiers les viandes et les charcuteries.
Le rosé crée une transition entre les deux et se montre particulièrement adapté aux repas estivaux.
Figari blanc et poissons de Méditerranée
Le premier accord régional est naturellement celui du poisson de Méditerranée.
Un poisson grillé simplement, accompagné d’huile d’olive et d’herbes, permet au vermentinu de conserver toute sa fraîcheur.
Le vin peut également accompagner la dorade grillée, le loup de mer, le rouget, le saint-pierre et les poissons rôtis ou cuits au four.
La fraîcheur du blanc équilibre les préparations à base d’huile d’olive et permet de prolonger la sensation de fraîcheur en bouche.
Figari blanc et fruits de mer
Les crustacés et coquillages constituent également de bons partenaires.
Le vin peut accompagner des huîtres, des coquillages, des crevettes ou des langoustines préparées simplement.
Pour les préparations plus riches, comme des crustacés grillés à l’huile d’olive ou accompagnés d’une sauce légère, un Figari blanc suffisamment structuré peut parfaitement convenir.
Figari blanc et fromage corse
Le blanc peut également accompagner certains fromages corses.
Un fromage de brebis relativement jeune et peu puissant peut fonctionner avec un vermentinu frais.
Avec un fromage plus affiné et plus puissant, il est préférable de choisir une cuvée suffisamment structurée afin que le vin ne soit pas dominé par le fromage.
Figari rouge et charcuterie corse
Le rouge trouve naturellement sa place auprès de la charcuterie insulaire.
Coppa, lonzu, prisuttu et différentes préparations de charcuterie corse peuvent être associées à un rouge à base de sciaccarellu, niellucciu et grenache.
La structure du vin accompagne le gras de la charcuterie tandis que la fraîcheur permet d’équilibrer la salinité.
Il faut toutefois éviter les cuvées trop tanniques avec les charcuteries très salées, car le sel peut accentuer la perception de dureté des tanins.
Figari rouge et agneau
L’agneau est un autre partenaire naturel.
Une épaule d’agneau rôtie aux herbes du maquis, un gigot ou une préparation mijotée peuvent accompagner un Figari rouge plus structuré.
Le caractère méditerranéen du plat fait écho aux qualités aromatiques du vin.
Un rouge jeune et fruité conviendra aux préparations relativement simples, tandis qu’une cuvée plus évoluée pourra accompagner une cuisson longue.
Figari rouge et veau
Le veau constitue également un excellent terrain d’accord.
Une côte de veau grillée, un rôti ou une préparation mijotée peuvent être associés à un Figari rouge.
Le vin doit toutefois être choisi en fonction de la sauce.
Une préparation délicate appelle un vin souple et fruité.
Une sauce plus corsée ou une cuisson longue permet de choisir une cuvée plus structurée.
Figari rouge et gibier
Les cuvées rouges les plus structurées peuvent accompagner certains gibiers.
Le sanglier, particulièrement présent dans la culture gastronomique corse, peut être préparé en civet ou en daube.
Dans ce cas, un Figari rouge ayant suffisamment de structure et de maturité peut créer un accord cohérent avec la puissance aromatique du plat.
Le choix du vin doit tenir compte de la préparation : un civet très concentré nécessitera davantage de structure qu’une viande simplement grillée.
Figari et cuisine au barbecue
La cuisine au feu et à la braise est particulièrement adaptée au caractère méditerranéen du vignoble.
Un Figari rouge peut accompagner des viandes grillées, des côtes d’agneau, des brochettes ou des légumes grillés.
La légère amertume de certaines cuvées, les notes épicées et la fraîcheur du vin permettent de répondre aux notes grillées du plat.
Le rosé peut également accompagner les grillades plus légères, notamment les poissons et les volailles.
Figari rosé et cuisine estivale
Le rosé trouve sa place dans une cuisine méditerranéenne estivale.
Il peut accompagner les tomates anciennes, les salades de légumes grillés, les poissons grillés, les charcuteries légères, les volailles froides, les tartes salées et les légumes d’été.
Il peut également être servi à l’apéritif.
Figari et cuisine aux herbes
Les herbes aromatiques corses créent naturellement des passerelles avec les vins de la région.
Romarin, thym, myrte ou herbes du maquis peuvent accompagner les viandes et poissons.
Il faut toutefois éviter de multiplier les herbes au point de masquer le vin.
Une cuisine précise, fondée sur quelques aromates bien dosés, permet de mieux faire ressortir la complémentarité entre le plat et le vin.
Figari et huile d’olive
L’huile d’olive est un ingrédient central de la cuisine méditerranéenne.
Le Figari blanc possède suffisamment de fraîcheur pour accompagner des plats dans lesquels l’huile d’olive apporte de la rondeur.
Poissons grillés, légumes rôtis, salades corses et préparations à base de légumes peuvent ainsi être associés au vermentinu.
Le rouge peut également accompagner des plats plus riches à base d’huile d’olive, notamment les viandes grillées.
Températures de service
La température de service doit être adaptée à la couleur et au style du vin.
| Type de Figari | Température indicative |
|---|---|
| Figari blanc | 8 à 11 °C |
| Figari rosé | 8 à 10 °C |
| Figari rouge jeune | 14 à 16 °C |
| Figari rouge structuré | 15 à 17 °C |
Un blanc servi trop froid perd une partie de son expression aromatique.
À l’inverse, un rouge méditerranéen servi à température ambiante dans une pièce très chaude peut paraître lourd et manquer de fraîcheur.
Quel verre pour le Figari ?
Le blanc sera idéalement servi dans un verre à vin blanc suffisamment ouvert pour permettre l’expression du vermentinu.
Le rosé peut être servi dans un verre à vin blanc ou dans un verre universel.
Le rouge mérite un verre suffisamment large pour favoriser l’expression aromatique du sciaccarellu, du niellucciu et du grenache.
Les cuvées jeunes peuvent bénéficier d’une aération modérée.
Les vins plus âgés doivent être manipulés avec davantage de délicatesse afin de préserver leurs arômes évolués.
Potentiel de garde
Tous les Figari ne sont pas destinés à être conservés plusieurs années.
Les blancs jeunes sont souvent appréciés pour leur fraîcheur et leur expression aromatique.
Les rosés sont généralement destinés à être consommés relativement rapidement afin de conserver leur fruit et leur fraîcheur.
Certains rouges possèdent cependant une capacité de garde supérieure, notamment lorsqu’ils présentent une structure importante, une bonne acidité et un élevage adapté.
Le potentiel de garde dépend du millésime et du style de la cuvée.
Il n’est donc pas pertinent de fixer une durée identique pour toute l’appellation.
Le Figari aujourd’hui
Le vignoble corse connaît depuis plusieurs décennies une évolution importante vers une meilleure valorisation de ses terroirs et de ses cépages autochtones.
L’AOC Vin de Corse bénéficie aujourd’hui d’un cadre réglementaire précis et régulièrement actualisé.
La dénomination Figari dispose par ailleurs d’une aire parcellaire précisément définie, dont les délimitations ont fait l’objet de travaux réglementaires successifs.
Cette précision est importante : le nom Figari sur une étiquette ne désigne pas simplement un vin produit dans le sud de la Corse. Il correspond à des conditions géographiques et de production définies dans le cahier des charges.
Une petite appellation dans un grand paysage viticole
Le vignoble de Figari s’inscrit dans une mosaïque d’appellations corses.
Au sein de l’AOC Vin de Corse, les dénominations géographiques complémentaires permettent notamment de distinguer :
-
Calvi ;
-
Coteaux du Cap Corse ;
-
Figari ;
-
Porto-Vecchio ;
-
Sartène.
Chacun de ces territoires possède ses propres caractéristiques de relief, de sols, de climat et de production.
Figari représente ainsi l’une des expressions méridionales les plus intéressantes de l’identité viticole corse.
Figari, un vin profondément lié à son territoire
La personnalité du Figari repose sur la combinaison de plusieurs éléments.
Le climat méditerranéen apporte chaleur et luminosité.
Les vents participent aux conditions particulières du vignoble.
Les sols granitiques et alluviaux constituent un cadre géologique spécifique.
Le vermentinu donne aux blancs leur identité aromatique et leur fraîcheur.
Le sciaccarellu et le niellucciu, associés notamment au grenache, construisent les rouges et rosés.
Enfin, l’histoire viticole de l’île et la préservation de ses cépages autochtones donnent au vin une identité qui dépasse la simple notion de climat.
Les principaux accords gastronomiques du Figari
| Vin | Accords régionaux privilégiés |
|---|---|
| Figari blanc | Dorade grillée, loup de mer, rouget, langoustines, coquillages, poissons rôtis |
| Figari blanc | Fromages de brebis jeunes, légumes grillés, cuisine à l’huile d’olive |
| Figari rosé | Poissons grillés, salades méditerranéennes, volailles, charcuterie légère, légumes d’été |
| Figari rouge souple | Charcuterie corse, veau, volailles rôties, grillades |
| Figari rouge structuré | Agneau, sanglier, civet, viandes grillées, plats mijotés |
| Figari rouge évolué | Cuisine corse traditionnelle, viandes en sauce, fromages affinés |
Comment choisir un Figari ?
Le choix dépend avant tout du plat et du style recherché.
Pour un poisson grillé, un Figari blanc à base de vermentinu sera généralement le choix le plus évident.
Pour un apéritif méditerranéen, le rosé offre une solution fraîche et polyvalente.
Pour une charcuterie corse, un rouge fruité et souple peut convenir.
Pour un agneau rôti aux herbes, une cuvée rouge plus structurée sera davantage adaptée.
Pour un civet de sanglier, il faudra privilégier un rouge suffisamment puissant et évolué.
Pour un fromage de brebis, le choix dépendra de son affinage : un fromage jeune pourra fonctionner avec le blanc, tandis qu’un fromage plus puissant pourra appeler un rouge.
Figari et l’identité gastronomique corse
Le Figari illustre parfaitement la relation entre un vin et une gastronomie régionale.
Il ne s’agit pas seulement d’un vin produit sur une île méditerranéenne. Sa personnalité est liée à un ensemble de facteurs, cépages autochtones, sols, climat, relief, vents et pratiques viticoles.
À table, cette identité se retrouve dans les accords avec les produits emblématiques de la Corse, poisson grillé, langoustines, charcuterie, agneau, veau, sanglier, légumes du soleil, huile d’olive et fromages de brebis.
Le Figari blanc exprime particulièrement bien la dimension maritime et fraîche de la cuisine insulaire. Le Figari rouge accompagne davantage la cuisine de la terre, les grillades et les plats mijotés. Le rosé se situe entre ces deux univers et accompagne naturellement la cuisine estivale.
L’essentiel à retenir
Le Figari AOC, plus exactement Vin de Corse ou Corse Figari, est une dénomination géographique complémentaire de l’AOC Vin de Corse, produite dans le sud de la Corse sur les communes de Figari, Monacia-d’Aullène et Pianottoli-Caldarello.
Il produit des rouges, des rosés et des blancs.
Les rouges et rosés reposent notamment sur le sciaccarellu, le niellucciu et le grenache, tandis que les blancs sont principalement issus du vermentinu.
Son terroir méridional, marqué par le climat méditerranéen, les vents, les reliefs et les terrains granitiques, donne naissance à des vins qui trouvent naturellement leur place dans la cuisine corse.
Le Figari blanc accompagne la mer et les produits iodés ; le rosé s’accorde avec la cuisine estivale et les grillades légères ; le rouge accompagne la charcuterie, les viandes, les grillades et les plats mijotés.
À travers le vermentinu, le sciaccarellu, le niellucciu et le grenache, Figari est l’une des expressions les plus caractéristiques du vignoble méridional corse, où le vin demeure intimement lié au paysage, aux produits et à la cuisine de l’île.



